vendredi 30 décembre 2016

Cernunnos


Dès la préhistoire des chasseurs, les anciens Européens respectaient et honoraient le cerf, dont les bois renouvelés signalaient le renouveau saisonnier. Associé à la fertilité des troupeaux, il l'était aussi au soleil dont ses ramures donnent l'image. C'est pourquoi un signe lumineux apparaît souvent entre les bois du cerf sacré. 

Les Celtes ont conservé l'entité divine à tête de cerf, représentée sur leurs monnaies et leurs autels. Sur un pilier votif on lit l'épithète Cernunnos "cornu (par excellence)". En breton, kornaoueg "cornu" a donné le nom du Couchant, Kornaoueg, Kornôg. Le calvaire de Kast (Kernev, Breizh), montre un chevalier agenouillé devant un cerf.

Cette illustration s'inspire d'une phalère continentale et de monnaies britanniques : le dieu à ramure de cerf fait la médiation entre l'été et l'hiver. il élève dans ses mains les symboles du Levant et du Couchant, les deux extrémités de la carrière solaire. A l'entrée de l'hiver, au moment où les jours allongent après le solstice (goursav-heol, Noz Keverzu), il annonce que le Soleil victorieux reviendra dans sa plénitude.

Bloavezh mat 2017 d'an Holl !  Bonne année 2017 à tous !

4 commentaires:

  1. C'est exactement ça : le grand cerf dont les bois tombent et renaissent, entre les deux triscèles, signes de la marche du Soleil, dextrogyre à l'est, inverse au couchant.
    Le style "Seiz Breur" nous change des gaulomanies. Enfin, nos signes retrouvent une nouvelle vie. Et le commentaire est à la hauteur. Bravo ! Blezen da !



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  2. Trugarez vras !

    La police de caractère est inspirée de celle dessinée pour la célèbre revue "Kornog", ce qui rend hommage aux Seiz Breur tout en collant au sujet "Kornaoueg" !

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  3. Belle interprêtation du bel encorné ! Le chêne : excellent. Plusieurs réflexions toutefois : en tant qu'archétype de la fécondité et de la virilité, n'aurait-il pas été judicieux de lui représenter sexué ainsi que barbu, comme le représente l'iconographie traditionnelle ? Le serpent est bien figuré, mais là encore je l'aurais préféré tenu fermement par le dieu, montant de la terre vers le ciel, comme symbole des énergies maîtrisées. Mais sans doute avez-vous voulu ne pas faire du "déjà vu"... Félicitations et bonne continuation

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  4. Merci pour ces remarques !
    effectivement, j'ai souhaité me démarquer du Kernunnos "gaulois" tenant le serpent à tête de bélier dans une main et le torque dans l'autre. Par ailleurs, je crois que ces mêmes représentations antiques il n'est pas toujours barbu. En revanche, on le voit assis en tailleur, aspect que j'ai repris pour son côté "éveil spirituel", Kernunnos n'étant pas uniquement un symbole de masculinité. Bonne année à vous !

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